Syndicat CGT des Archives de France

56, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris
téléphone : 01 40 27 63 33 / mail : cgt.archives@culture.gouv.fr


CGT-Archives

Communiqué de presse

DÉJÀ 1 500 SIGNATURES POUR « SAUVER LES ARCHIVES NATIONALES » !

Depuis les annonces d’Audrey Azoulay de démolir le site des Archives nationales de Fontainebleau et d’amputer de 11 000 mètres carrés de locaux le site historique des Archives nationales de Paris, notamment ses magasins, force est de constater que la détermination des personnels des Archives nationales à mettre ces projet en échec est intacte.

A ce jour, mercredi 25 janvier 2017, la pétition que nous avons initiée pour « Sauver les Archives » a recueilli plus de 1 500 signatures de soutien seulement deux semaines après son lancement.

Quotidiennement, simples citoyens, salariés, étudiants, généalogistes, universitaires, élus, syndicalistes et personnalités nous accordent leur soutien par dizaines.

Ces derniers jours, nous avons notamment reçu les signatures de :
Marie George BUFFET , députée de Seine-Saint-Denis ; Jean NICOLAS, historien, professeur émérite, Université Paris 7 – Diderot ; Arlette FARGE, historienne, directrice de recherche au CNRS ; Natacha COQUERY, historienne, professeure, Université Lumière – Lyon 2 ; Serge CHASSAGNE, professeur émérite, membre de la commission supérieure du notariat ; Marie-Clotilde HUBERT, professeur honoraire à l’École des Chartes ; José GOTOVITCH, membre émérite de l’Académie Royale de Belgique, professeur honoraire, l’Université Libre de Bruxelles ; William M. REDDY, membre de l’American Academy of Arts and Sciences, historien, Duke University (USA) ; Giovanni DOTOLI, écrivain, professeur de langue et littérature françaises, Université de Bari (Italie) ; Jan GOLDSTEIN, historienne, professeur à l’Université de Chicago (USA) ; Jerrold SEIGEL, historien, professeur émérite, Université de New York (USA) ; Mark TRAUGOTT, professeur émérite, Université de Californie (USA) ; Didier MÉHU, professeur d’histoire et d’histoire de l’art du Moyen Âge, Université Laval – Québec (Canada) ;Edward WELCH, professeur, Université d’Aberdeen (R.-U.) ;Gildas HAMEL, historien, Université de Californie (USA) ; Carol KINSKY, professeur d’histoire de l’art, Université de New York (USA) ; Sylvia SCHAFER, historienne, professeur, Université du Connecticut (USA) ; George WALTON, professeur, Université de Californie (USA) ; Joëlle BURNOUF, archéologue ; Anne ZINK , historienne, professeur honoraire des Universités, EHESS ;Valérie POZNER, directrice de recherche au CNRS ; Franck LA BRASCA, professeur émérite, Université de Tours ; Jacques GIRAULT, professeur émérite, Université Paris 13 ; Philippe TANCELIN, professeur émérite, Université Paris 8 ; Christian LAVAULT, professeur émérite, Université Paris 13 ; Pascal LEDERER, directeur de recherche honoraire, CNRS ; Michel GRUSELLE, directeur de recherche émérite, CNRS ; Yves COHEN, directeur d’études, EHESS ;Jean-Loup AMSELLE, directeur d’études, EHESS ; Jean-Marie MONNIER, professeur, Université Paris 1 – Sorbonne ; Elisabeth BELMAS, professeur, Université Paris 13 ; Frédéric COUSINIE, professeur d’histoire de l’art moderne, Université de Normandie – Rouen ; François CHEVALDONNÉ, professeur honoraire, Université Aix-Marseille ; Jacqueline ECHARD, maire de Loreux (44) ;Denis CHAMBON, maire de Saint-Alban-du-Rhône (38) ; Patrick VASSALLO, maire adjoint de Saint-Denis (93), conseiller territorial Plaine Commune ; Jean-François CHALOT, maire adjoint de Vaux-le-Pénil, secrétaire général du CNAFAL ; Martine BELLEROSE, conseillère municipale d’Aubière (63), conseillère communautaire de Clermont Auvergne Métropole…

Par cette pétition, nous signifions au Président de la République, François Hollande, et à la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, notre refus de voir les Archives nationales menacées de mort. Il en va de la conservation des sources de l’histoire, il en va de la préservation de la mémoire de ce pays, il en va de l’intérêt de toute la population.

NON AU DÉMANTÈLEMENT, NON AU DÉPEÇAGE DES ARCHIVES NATIONALES

Paris, le 25 janvier 2017

Pour tout contact :

CGT-Archives 56, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris

téléphone : 01 40 27 63 33 / mail : cgt.archives@culture.gouv.fr


Signez la pétition

CGT-Archives

Non à la démolition, non au dépeçage, non à l’amputation,

APPEL POUR SAUVER LES ARCHIVES NATIONALES

Nées du souffle de la Révolution française en 1790, les Archives nationales ont été synonymes d'entrée dans un monde nouveau, sans privilèges, sans secrets, ouvert à tous. Les archives sont notre mémoire individuelle et collective, elles sont la source première de ceux qui écrivent l'histoire, généalogistes, étudiants ou universitaires. Les archives sont aussi des éléments de preuves dont a besoin la population pour établir ou justifier des droits comme ceux touchant à la nationalité, la citoyenneté, la famille, la carrière, la succession, etc. Ainsi, les archives contribuent de manière éminente à l'exercice de la démocratie. Or, elles sont, deux cent vingt-six ans après, gravement menacées dans leur existence. Une nouvelle fois.

En 2010, Nicolas Sarkozy avait décidé l’implantation de sa Maison de l’Histoire de France, musée nauséabond de l’identité nationale, sur le site des Archives nationales de Paris. Par la mobilisation, le personnel des Archives nationales soutenu par les historiens, universitaires, étudiants et une majorité de la population, avait refusé ce projet néfaste et l’avait repoussé.

Aujourd’hui, deux décisions tout aussi dangereuses pour l’avenir des Archives nationales ont été annoncées par la ministre de la Culture, Audrey Azoulay. Il s’agit de la démolition du site des Archives nationales de Fontainebleau et de l’amputation de 11 000 mètres carrés du site de Paris. Ces choix, faits au nom du dogme de la réduction du patrimoine immobilier de l’Etat, vont à l’encontre direct de l’intérêt général et bafouent tous les principes scientifiques et archivistiques élémentaires. Seuls quelques spéculateurs et promoteurs immobiliers pourraient s’en frotter les mains.

- A Fontainebleau, où le foncier est rare, la mise en vente du terrain de 9 hectares serait à coup sûr une opportunité pour de nombreux investisseurs. Mais certainement pas pour l’Etat. Rappelons que la rénovation de toutes les structures et magasins du site de Fontainebleau est évaluée à 53 millions d’euros quand leur démolition coûterait 36 millions d’euros. Enfin, quarante archivistes pour la plupart établis en Sud Seine-et-Marne risquent de rester sur le carreau, leur poste étant supprimé/redéployé ou maintenu pour assurer la fermeture.

- A Paris, la vente à la découpe des immeubles du ministère de la Culture, dont celui de la rue des Pyramides qui est actuellement affecté au service des musées de France, pourrait aussi permettre une belle plus-value à certains investisseurs mais certainement pas à l’Etat qui vend toujours son patrimoine à vil prix (voir les exemples des ventes des Hôtels de Kinsky et de Vigny-Croisilles). Ces projets de ventes immobilières doivent définitivement être abandonnés. Les conséquences seraient un nouvel affaiblissement des missions du service public culturel de l’Etat, de nouvelles suppressions d’emplois et 500 fonctionnaires du ministère de la Culture qui pourraient être jetés à la rue, dont 250 à 300 délocalisés de force sur le site parisien des Archives nationales en lieu et place de 11 000 mètres carrés de magasins et de dépôts.

Ces deux opérations, loin de renflouer les caisses de l’Etat, mettraient en danger de mort l’institution des Archives nationales. Dépecer les Archives nationales de leurs locaux, magasins, et surfaces, c’est interdire à l’institution de poursuivre son rôle de « mémoire vivante » de l’histoire de ce pays. Démolir le site de Fontainebleau, c’est sacrifier le « grenier » de l’institution (190 kilomètres linéaires de capacité de stockage). C’est, à Paris, refuser de bonnes conditions de conservation aux chartes scellées, aux registres royaux et des institutions de l’Ancien Régime qui ont besoin de place et de reconditionnement. C’est proscrire la collecte de trente années de versement de minutes des notaires parisiens (jusqu’à l’année 1968), c’est exclure tous travaux de mise aux normes des bâtiments, et en particulier des magasins (températures, hygrométrie).

Conséquence, le site de Pierrefitte-sur-Seine - qui a ouvert au public en janvier 2013 et qui était prévu pour être exploité pendant trente ans (2043) - va se retrouver mort-né, saturé avant même d’avoir vécu, saturé de tous les documents redéployés et déménagés depuis les sites de Fontainebleau et Paris. C’est ainsi qu’il est déjà prévu de préempter la réserve foncière du site de Pierrefitte-sur-Seine 25 ans avant la date calculée et de faire construire, à partir de 2025, un nouveau bâtiment pour environ 170 millions d’euros. Au total, la démolition de Fontainebleau, ajoutée à l’amputation du site de Paris et à la construction d’un nouvel équipement à Pierrefitte, correspond à plus de 200 millions d’euros de dépenses, soit à peu de chose près la même somme qu’a coûtée la construction des équipements du « nouveau » site de Pierrefitte-sur-Seine. A la différence près que pas un mètre carré, pas un mètre linéaire nouveau ne sortira de terre. Au contraire, nous savons que l’institution disposera de moins de moyens après !

Refuser de donner les espaces et moyens nécessaires au fonctionnement des Archives nationales, c’est à court terme les asphyxier et vouer ce patrimoine qui est notre mémoire historique à la disparition pure et simple. Nous, personnel des Archives nationales, de toutes filières et de toutes catégories, administrative, scientifique, de documentation, d’accueil de surveillance et de magasinage, des métiers d’arts, ouvrière et technique, ne l’acceptons pas.

Citoyens, salariés, étudiants, chercheurs, historiens, intellectuels, généalogistes,

nous vous appelons à signer notre pétition adressée au Président de la République

PÉTITION POUR SAUVER LES ARCHIVES NATIONALES

- Pour le maintien intégral des périmètres, surfaces et locaux (magasins, ateliers, bureaux, espaces publics) du site des Archives nationales de Paris au bénéfice unique de l’institution ; pour l’abandon du projet de délocalisation des services d’administration centrale du ministère de la Culture ; pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme pluriannuel de travaux, de rénovation et de mise aux normes (conditions de conservation, sécurité incendie, entretien du bâti) de l’ensemble des locaux, et en particulier des magasins.

- Maintien d’un site disposant d’une capacité de stockage d’au moins 200 kilomètres linéaires à Fontainebleau, pour le lancement de tous les travaux nécessaires à la consolidation, rénovation et remise aux normes des bâtiments pour une réouverture au public la plus rapide possible ; maintien des fonds d’archives sur le site ; maintien de tous les postes de travail, emplois et agents ; respect du volontariat strict, pas de mutations forcées.

- Respect de la planification initiale de montée en charge des équipements du site de Pierrefitte-sur-Seine ; respect des délais et termes d’exploitation prévus ; respect du plan de gestion des réserves foncières du site ; pour des créations d’emplois et la reconnaissance de la pénibilité des conditions de travail et de vie au travail.

NOM :

PRÉNOM :

QUALITÉ :

ADRESSE / MAIL :

SIGNATURE :

Cette pétition sera remise à François Hollande, Président de la République

Transmettez vos signatures de soutien :

- par courrier postal : CGT-Archives 56, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris

- par mail : cgt.archives@culture.gouv.fr

- fax : 01 40 27 63 66

Paris, le 9 janvier 2017

Signez la pétition

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(Objet : pétition)